vendredi, 11 mars 2005
L'esprit est plus fort que la matière
De cet adage célèbre aux échecs, les illustrations sont nombreuses, mais il n'en est pas de plus belle, de plus pure que celle donnée par Paul Morphy un soir de représentation de la Norma à l'Opéra de Paris dans sa partie contre le Duc de Brünswick et le comte Isouard, et qualifiée à juste titre d'immortelle. Paul Morphy donne mat avec les deux pièces qu'il lui reste, tour et fou, les autres ayant été sacrifiées à la combinaison finale, dame comprise, et c'est confits dans leur graisse matérielle que les noirs périssent. Nota bene : En hommage à Garry Kasparov, roi du jeu.
06:30 Publié dans 3 Essais | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
dimanche, 20 février 2005
Remarques sur la race
À la lumière de cette courte histoire du mot race, on voit clairement que la thèse répandue selon laquelle la science rejetterait unanimement la notion de race et qui voudrait par conséquent l'abolir ne tient pas. La science n'a pas le monopole de la vérité (elle n'en dit qu'un des visages), et d'autres disciplines ont aussi légitimement voix au chapitre. Quand même la science serait la seule à pouvoir dire la vérité (et c'est du scientisme), il se trouve qu'en l'espèce, elle ne parle pas d'une seule voix. Les proportions importent peu, c'est un point de vérité, et nous sommes incapables d'en trancher : le constat suffit si l'on sait que dans les deux partis se trouvent des savants de renom et nets de toute compromission raciste.
On voit aussi que cette thèse correspond à un moment donné de l'histoire : le lendemain de la deuxième guerre mondiale. Chose remarquable : c'est précisément dans un temps où la communauté savante voyait clairement dans la glace de l'histoire ses plus de deux siècles d'errements les plus graves ainsi que leurs issues les plus terribles, - une histoire qui, dirait-on, lui intimait une remise en cause de son rôle et de son fonctionnement, - qu'elle paya d'audace, offusqua le miroir, et continua de professer ex cathedra ce qu'il fallait penser comme si de rien n'était. C'est là le plus grave : nous ne sommes de fait peut-être pas plus à couvert aujourd'hui qu'hier. Autant dire qu'il faut redoubler de vigilance intellectuelle et qu'il est moins possible que jamais d'avaler le discours scientifique sans examen.
D'ailleurs, par hygiène intellectuelle, je crois qu'il ne faudrait plus dire la science mais les scientifiques. Ils forment un corps, et comme tout corps, ils visent à leur conservation et à leur expansion. Leur discours n'est pas uniquement un discours de vérité, c'est aussi un discours d'intérêt et de pouvoir. Ce corps est d'autant plus dangereux qu'il a besoin d'argent, et que l'argent est dans les mains économiques et politiques. La science est, par nécessité, liée aux puissances. Du reste, scientifique même est une manière de dire, un raccourci pour dire les hommes qui ont une activité scientifique. Nous les regardons comme d'infaillibles pontifes alors que, pas moins que les autres hommes, ils tâtonnent, errent et se trompent. Voyez le cas de Linné. Son assertion est-elle déduite d'une observation scrupuleuse et significative de la réalité ? J'en doute fort, et je crois même que si par extraordinaire il l'avait produite devant un de ces Noirs qu'on trouve à l'entrée de tant d'établissements, il serait à tout le moins revenu sur "flegmatique"…
Il y a enfin une erreur dont il faudrait se prémunir, bien que cela soit très difficile : c'est de croire que nous sommes aujourd'hui dans la vérité de la connaissance et les époques passées dans l'erreur. Il n' y a guère d'époque qui ne pense cela, c'est à dire qu'il n'y a guère d'époque qui ne soit aveuglée d'elle-même.
18:50 Publié dans 3 Essais | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 13 février 2005
De la valeur de la citation dans le roman
C'est un intéressant problème de critique littéraire que celui de la valeur de la citation dans le roman. Ce problème peut être abordé selon deux critères : l'opportunité et la compatibilité.
S'interroger sur l'opportunité d'une citation, c'est se pencher sur l’intention de l'auteur, qui peut être multiple : rendre un hommage, apporter un éclairage, introduire un décalage, produire un effet, étayer une démonstration, etc. Il n’y a pas de raison a priori de rejeter une ressource dont ont fait usage les meilleurs auteurs, et souvent avec bonheur. Cela fait partie du plaisir de la lecture que ces tapis rouges déroulés à des rois lointains, ces fenêtres improvisées ouvrant sur des paysages ensemble étrangers et familiers, ces mets exotiques et inattendus, ces plantes inconnues savamment disposées, ces grands maîtres invités à prononcer leur savoir… Toutefois, quelque usage qu’on veuille faire de la citation, il reste que, comme dirait monsieur de la Palisse, lorsque vous citez, ce n’est pas vous qui parlez. Or un écrivain, c’est d’abord quelqu’un qui prend la parole ; et je trouve que c’est un signe de tempérament, de santé même, que d’être jaloux de la sienne. Parler en littérature, c’est parler depuis sa singularité ; et si bien des choses ont été dites, nulle part n’est écrit qu’elle l’ont toutes été…, d'autant que personne ne devrait les avoir dites comme vous voulez les dire. Pour moi, je répugne à citer. Je ne m'en trouve point malheureux, ayant ainsi souvent découvert des formules plus justes qu'une paresseuse pédanterie, qu'une admiration ou une modestie mal à propos m'eussent celées. Il n'est pas indifférent de noter que la poésie, qui est création, ne cite que rarement, et pour ainsi dire jamais.
Par la suite, la citation pose le problème, éminemment délicat pour le romancier, de la compatibilité. Pour celui-ci en effet, il ne faut pas seulement que la citation soit parfaitement compatible avec l’idée qu’il veut exprimer (ce qu’on peut appeler une compatibilité de sens), il faut également et surtout qu’elle le soit avec le texte où elle est insérée. Problème redoutable que celui de la compatibilité littéraire ! puisqu’il s'agit rien moins que d'introduire un élément étranger (de ton, de rythme, de coloris…) dans une histoire (comment qu’on l’entende) qui doit avoir la sorte de singularité et de puissante unité du songe ; et si quelquefois, comme cela a été constaté, un événement survenant dans la pièce où nous dormons peut être d'emblée incorporé à notre rêve (quelques gouttes d'un parfum familier répandues sur notre oreiller peuvent faire surgir par une porte inattendue dans notre rêve la femme qui le porte), le plus souvent il nous réveille. La greffe est si délicate, elle exige une oreille et une intelligence des mots si aiguës, que je ne serais pas étonné qu'un bon romancier conseillât de préférer une phrase un peu faible mais personnelle à une belle mais intraitable étrangère. De fait, c'est encore lors des interventions du narrateur ou lors de dialogues que l'opération est la plus aisée.
En somme, d'abord que l'on comprend qu'il faut élargir le cadre d'analyse au texte où la citation est insérée, pour ensuite discuter sa pertinence en termes d'opportunité et de compatibilité, l'analyse critique d'un tel texte ne diffère pas sensiblement d'un autre qui serait tout de la main de l'auteur.
16:05 Publié dans 3 Essais | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
samedi, 05 février 2005
Vie des hommes, vie des livres
En 52 av. J.-C, au terme d'une campagne de six ans, Jules César triomphe des dernières résistances gauloises et joint à l'empire romain la Gaule chevelue. Les semaines ensuivantes, il écrivit le livre qui allait nous parvenir sous le nom de La guerre des Gaules. Ce livre eût-il été mauvais ou ne l'eût-il pas écrit, César n'en eût pas moins été le brillant triomphateur des Gaulois ; César eût-il perdu la guerre et en eût-il cependant fait le récit, gageons que ce récit eût été également passionnant et d'un excellent style. La réalité veut des hommes, la littérature des mots. Elles ne sont pas justiciables des mêmes lois. Qu'elles se combattent, se nourrissent l’une de l’autre, se mêlent parfois n'y fait rien en définitive. Alexandre avait à son chevet L'Iliade et son épée, mais ce n'est pas avec L'Iliade qu'il a conquis le monde ni avec son épée qu'il attisait son désir de gloire au miroir d'Achille. Alexandre le Grand, Jules César, la mort les a pris, mais les livres nous ont conservé leurs exploits, et ils continuent d’enflammer les esprits, de faire battre les cœurs. La vie des hommes et celle des livres ne se déroulent pas sur le même plan.
11:40 Publié dans 3 Essais | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
samedi, 01 janvier 2005
Eros distratto
Il y a dans Amado mio une expression qui m'a enchanté : Eros distratto, Éros distrait. Cette idée d'un érotisme insouciant, léger, solaire me ravit. Certes, elle n'est présente dans cette oeuvre de jeunesse de Pier Paolo Pasolini que de façon discontinue - les schémas traditionnels où la culpabilité est si pesante lui livrent combat - mais le motto est là, et c'est bien après et sur grand écran dans sa Trilogie de la vie, trilogie dont j'extraierais particulièrement Les mille et une nuits, qu'il en donnera une magnifique et magistrale représentation. Là, dans une lumière qu'on croirait détournée d'une toile de Vittore Carpaccio, sous le regard gai, acéré et humain du cinéaste, les personnages s'ébattent librement, gaiement, insouciamment. Pasolini a filmé l'amour d'avant la Chute, quand il était un jeu d'enfants.
Bien sûr, ce n'est qu'une des figures de cet insaisissable angelot et il en donna d'autres dans son oeuvre cinématographique. On voit un Eros rivoluzionario dans Théorème, inumano dans Salò ou les 120 journées de Sodome… et même, si j'osais la formule, diabolico dans Les Contes de Canterbury. Ce n'est pas à dire que ses films sont univoques : on y voit les figures du désir alterner, comme dans ce dernier opus avec son étonnant final infernal et sodomitique. Il y a en revanche un Éros que Pasolini ne filma jamais, à ma connaissance, et qu'on ne voit que trop, c'est l'Eros volgare, l'Eros mediocre, l'Eros borghese. Et il est vrai qu'Éros peut bien être terrible, destructeur, inhumain, scandaleux… mais point médiocre : c'est un dieu.
01:40 Publié dans 3 Essais | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Petit éloge de la ponctuation
Les écrivains du jour me font l'effet d'un quidam émergeant d'une nuit dont on aimerait mieux ne pas avoir le compte, débraillé, bordaillant, jurant, une bouteille d'alcool à la main, et qui viendrait se fixer devant vous, - titubant, hagard, - pour soudain, après des sortes de bruits, vous vomir dessus. Sans parler de leur médiocrité, comment ne pas être frappé de leur complète méconnaissance de la langue française ?
C'est entendu, la littérature est l'affaire de quinze personnes (l'imprimerie est un grossier malentendu), le reste - les Belges - n'ayant jamais fait que ramer dans la brume. Mais aujourd'hui, c'est le naufrage complet ! Les dernières bouées - le vers rimé et la phrase classique - ayant été joyeusement crevées par Rimbaud et Céline, Lautréamont et Jarry, les surréalistes et Mallarmé, c'est la panique parmi nos pauvres Belges qui ne savent pas nager et battent lamentablement l'eau prêts à saisir quelque corde qu'on leur jette, fût-ce… la plus grossière ficelle. Car l'occasion était trop belle pour ces garde-chiourme reconvertis en sauveteurs – capitans plastronnant sur canots pétaradants - pour ne pas en profiter illico, nargue de la forme. La ponctuation la première fut jetée par dessus bord. Il n’est presque plus possible aujourd’hui de trouver un livre correctement ponctué.
L'idée m'est plus d'une fois venue d'écrire un petit traité sur l'art subtil et méconnu de la ponctuation. Je pensais montrer comme les plus grands auteurs en ont senti l'importance : le jeune Baudelaire comme s'y essayant et en jouant dans La Fanfarlo, Rimbaud en faire un usage neuf et parfait dans les Illuminations, Proust, à quoi la longueur de sa phrase ne pouvait que le sensibiliser, l'employer en virtuose, ou Céline la bouleverser, frappant de bannissement le rogue point pour promouvoir à la prime place les points de suspension, lesquels, du rôle invariablement allusif ou abréviateur dans lequel ils étaient confinés, devinrent par sa main souples, ondoyants, délicats, - féminins, - et chargés de la plus haute mission : préserver et continuer l'émotion ; comme chez Nietzsche elle n'ordonne pas seulement la pensée mais, fidèle aux voeux du philosophe-danseur, la rythme ; comme elle avoisine l'art du raccourci en peinture ; comme par l'ellipse, le raccourci et les degrés de pause, elle est un élément clé de l'art du silence ; comme elle sait exprimer les nuances de ton, de pensée et de sentiment ; comme elle est aussi nécessaire à la prosodie française que le réseau des veines et des artères dans le corps humain ; que la ponctuation, hormi peut-être le trop logique deux-points, manifeste le rythme intime, le tempérament même de l'écrivain.
Aussi avouerai-je plus que de la réserve quant à l'idée d'écrire en français sans ponctuation. (Je parle de la prose car pour la poésie, l’alinéa, la disposition des mots dans la page, la casse… sont déjà une forme de ponctuation.) La prosodie française est d’une complexité et d’une subtilité exceptionnelles, uniques. Elle a même quelque chose de magique. Nul ne s’en est avisé aussi clairement que Charles Baudelaire (je donne toute la linguistique, toute la sémiologie et les autres sciences belges pour ce simple projet de préface aux Fleurs du mal où le premier il en lève le voile) et Arthur Rimbaud (ne va-t-on pas dans les Illuminations de merveille en miracle ! Voyez comme le vice est recrée dans Parade !). Cette prosodie ne se laisse pas gouverner comme d’autres langues par les notions de longue et de brève ou bien de faible et de forte, et j'avance qu'elle a besoin de la ponctuation pour être exaltée.
01:30 Publié dans 3 Essais | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
La naissance de la perspective
La perspective a été inventée durant la Renaissance par l'architecte florentin Filippo Brunelleschi, pratiquée dans des bas-reliefs sculptés par Donatello, magistralement innovée dans la peinture par Masaccio et, dans son traité De pictura paru en 1435, théorisée par l’humaniste aux talents multiples Leon Battista Alberti. Elle gagna rapidement tout Florence, puis les autres foyers artistiques de l'Italie pour devenir, en quelques décennies, l'alphabet de la nouvelle peinture. On peut se faire une bonne idée de la ferveur avec laquelle fut reçue la costruzione legittima en considérant les étranges tableaux de ce peintre de premier plan qu'était Piero della Francesca dont on dirait que la perspective constitue le sujet et les personnages, les décors, le faire valoir. Il faut dire qu'Alberti avait réduit le problème de la représentation de la réalité sur un plan en deux dimensions à un exercice de géométrie. Si les peintures de Piero, de Fra Angelico, de Paolo Uccello, etc. nous touchent malgré cela, pourrait-on dire bien souvent, c'est qu'ils étaient avant tout d'exceptionnels artistes. Au reste, l'approche d'Alberti paraîtra bien vite insatisfaisante à un génie vaste et profond, à un artiste sans égal tel que Léonard de Vinci, soucieux d'aborder le problème selon l'angle de l'expérience sensible de la vision et d'en trouver des solutions proprement picturales. Il inventa alors la perspective aérienne, celle des ombres et la perspective Nevsky… Selon moi, il jette même les bases, dès L'Annonciation, de la perspective psychologique.
01:20 Publié dans 3 Essais | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
Penser Céline
Il ne s'agit pas de couper Céline en deux mais de constater ceci : il y a l'homme et il y a ses livres. Les deux ont cohabité le temps d'une vie et, peut-être, celui-là était-il justiciable de ceux-ci. Le temps qu'on est vivant, on vit dans une société où il y des lois : Céline aurait très bien pu être fusillé, comme l'a été Robert Brasillach. Il ne l'a pas été. Aujourd'hui, il est mort ; mais ses livres demeurent.
Je pense que les ouvrages littéraires ne doivent pas être jugés selon d'autres critères que littéraires. Les vraies questions sont selon moi : les pamphlets de Céline sont-ils bons ou mauvais ? Appartiennent-ils seulement à la littérature ? Comment (je veux dire par quel mécanisme psychologique et peut être physiologique) peut-on passer de ce bouleversant cri d'humanité qu'est Voyage au bout de la nuit à ce tombereau de haine qu'est L'École des cadavres ?
Céline, comme problème humain et littéraire, reste à penser.
01:10 Publié dans 3 Essais | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Petite histoire du mot race
Le mot race est apparu à la toute fin du XVᵉ siècle. Il désigne initialement les descendants et les ascendants d'une famille. En ce sens, on a parlé de race humaine car nous serions tous les descendants d'Adam et Éve. On l'a appliqué aux dynasties royales. Au XVIIIᵉ siècle, le terme est attesté pour les espèces animales et végétales. Les naturalistes l'ont récupéré, et ils l'ont étendu à l'homme. C'est alors que se développent de nombreuses thèses raciologiques qui infèrent de critères physiques des jugements culturels et moraux. Ces thèses, qui ont trouvé des prolongements dans les théories humorales antiques, soutenues par les plus grands savants, seront largement admises. L'homme blanc trouvera naturellement sa place au sommet de l'échelle des êtres alors que le noir avoisinera l'orang-outang. Un Linné associera à la couleur noire "un tempérament flegmatique, dissolu, fourbe, paresseux, négligent…, régi par l'autorité". Un Buffon imaginera un premier homme blanc né dans des climats tempérés, avant de le faire "dégénérer" ailleurs. On considère alors que c'est au Blanc de civiliser les sauvages. Point n'est besoin de dire que c'est pour leur bien. Le XIXᵉ siècle et la première moitié du XXᵉ siècle offrent également leur lot de développements raciologiques. Ils emprunteront notamment aux thèses évolutionnistes de Charles Darwin. Les guerres coloniales et, effroyablement, le nazisme en sont des applications. Ce dernier peut être en effet largement considéré comme avoir été préparé par plus de deux siècles de thèses raciologiques.
Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, les crimes hitlériens sont jugés. L'Occident entend également faire le procès de son héritage intellectuel. En raison de la doctrine de l'inégalité des races, chargée de tous les maux, le mot race est cité au banc des accusés et frappé d'infamie. En 1950, l'UNESCO publiera une déclaration sur la race proclamant l'unité du genre humain et faisant des différences biologiques entre les êtres un élément quasi négligeable. Qu'est-ce qu'une race ? des savants répondent. C'est ainsi que s'intitule une brochure publiée en 1952 sous l'égide de l'UNESCO. Des généticiens et des anthropologistes se proposent, suivant les derniers développements de leur domaine, de lutter contre le racisme. Chose remarquable : l'ouvrage le plus ancien mentionné par la bibliographie de cette brochure date de 1942.
En réalité, l'état des connaissances ne permettait pas de trancher la question, mais le mot, comme tabou, fut abandonné des savants, et pour près de cinquante ans. Cependant il poursuivit sa vie commune et grossière. Ces dernières années, avec prudence, des savants en font de nouveau usage dans leurs travaux.
NB :
Cette rapide synthèse procède principalement du Dictionnaire d'histoire et philosophie des sciences (PUF) et du Grand dictionnaire de la philosophie (Larousse).
01:00 Publié dans 3 Essais | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

