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samedi, 20 novembre 2004

Vive la ville

vivelaville.jpgLe temps me manque et le prix finit*. Je dois hâter le pas, ce qui est bien ennuyeux. C'est un très joli livre, souple, lisse et doux, semblable à Attends…. Les pages sont lisses dans un premier temps, puis cartonnées avec un léger gaufrage (si c'est là le terme) dans un second. Cette idée d'un cahier de dessin incorporé est appréciable, mais il aurait dû être détachable. 13,70 euros, ce n'est pas cher, comme on dit rue de Turenne, pour un livre de cette qualité. C'est une douce et ronde tête d'enfant songeur en pâte à modeler qui en signale la couverture.
Il y a de l'enfance dans ce livre qui vous cingle d'une juvénile fraîcheur. J'en ai aimé le bric-à-brac joyeux et enfantin des illustrations, parfois d'une poésie étonnante. Seules jurent celles de Luc Boyer, trop conceptuelles. Celle d'Estelle Savoye est curieuse, et je ne l'aurais pas crue une photographie.
Les textes sont inégaux. Les pierres précieuses est un très beau petit conte. Chez Momo est une chouette historiette. Elise et moi est une plaisante histoire. Vite la ville est également très chouette, d'un bel élan, mais malheureusement défiguré par cette verrue finale : "Avertissement : Attention ce jeux est très dangereux." Pitoyable précaution d'adulte ! Comme si les enfants ne savaient pas voyager en esprit ! D'ailleurs, sur le sujet, je n'ai pas beaucoup aimé ces pictogrammes policiers flanquant les numéros des pages (hamburger et cigarette barrés, etc.) ainsi que les petites précautions et interdits disséminés. La seule explication que j'ai trouvée, et qui me vient lorsque je mets cela en rapport avec le rôle de passeur joué par certains adultes (le clochard, Momo) et certains éléments on ne peut plus concrets que l'on rencontre sur Les trottoirs parisiens…), est que François Delecour a peut-être voulu tendre la main à ses jeunes lecteurs pour les conduire dans le beau monde des adultes. Pour en revenir aux textes, Le clochard m'a laissé perplexe : l'idée du clochard éducateur est généreuse, mais le texte dégoutte de bons sentiments, et rien n'est plus éloigné de l'enfance. Quant à Les trottoirs parisiens, autant le dire : je suis médiocrement sensible à muse stercoraire. Dans l'ensemble, ces textes ne sont pas mal, mais demeurent inférieurs par exemple à ceux du Petit Nicolas, toujours justes de ton, inégalables même, s'il m'est permis.
En somme, c'est une charmante récréation que la lecture de ce petit livre, surtout en raison de sa qualité de facture et d'illustration.

* Lecture de Vive la ville de François Delecour (Le nénuphar, 2003). Ce livre était en lice pour le prix zazieweb de la petite édition 2003-2004, dont j'ai été juré. Enfin, pour continuer, le site de l'éditeur, qui réalise un beau travail.

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