lundi, 28 février 2005
Conte de la folie ordinaire
C'est l'histoire de Charles Serking, écrivain ivrogne et débauché menant une vie vagabonde et misérable à Los Angeles. Il rencontre dans un bar à hôtesses Cass. Cass est d'une beauté quasi insoutenable.
Elle lui plaît. Tu sei forse la ragazza più bella in città. Elle est attiré par lui. Au bar, comme ils se parlent, elle se perce soudain les joues d'une épingle géante. Non dovresti farti male. - Perché non dovrei ? - Perché fa male a me. Chez lui, elle pense faire l'amour avec lui, mais, le dos tourné, assis et tapant sur sa machine à écrire, il lui dit qu'ils le feront au point du jour, forse. "Sei il suolo uomo che ho conosciuto a non avere mai fretta", lui dit-elle au matin. Commence une relation étrange, trouble, intense, destructrice. Cass se détruit et détruit en retour Charles, qui l'aime à sa manière. Sur une plage, ils font l'amour et il lui demande sa main. Elle ne répond pas. Il s'assoupit, se réveille, et ne la trouve pas à ses côtés. Il finit par regagner son galetas ; il la trouve allongée sur son lit. Elle lui présente un amas de lettres, qu'il ouvre : un grand éditeur new-yorkais déclare le publier et l'invite à New York, où il sera même salarié. Charles croit que la roue tourne enfin. Il lui dit qu'il l'appelera le soir de son arrivée à New York, qu'il lui enverra un billet d'avion pour qu'elle le rejoigne, qu'ils essaieront de vivre ensemble. Staremo un pò insieme. Il commence de la caresser, mais il trouve entre ses jambes du sang. Cass s'est enfoncée une énorme épingle dans le vagin. Charles est déchiré, brise une bouteille contre le mur, boit, boit encore. A New York, il est accueilli comme un grand poète, ses éditeurs, des hommes d'affaires, le régalent, lui font fête. Il oublie Cass. Mais cette vie automatique n'est pas pour lui. Il se rappelle Cass, revient la trouver à Los Angeles. Au bar, le barman lui apprend qu'elle s'est tailladée la gorge. Charles perd pied, sombre. Tu eri troppo bella, troppo bella. Il se retrouve, îvre, quasi inconscient, sur la plage où ils se sont aimés et où il lui a demandé sa main. Il s'effondre. Il est recueilli par deux femmes. Une jeune fille s'attache à lui. Elle ne le craint pas. Elle veut qu'il lui écrive un poème ; il veut caresser ses seins. - Da dove ti viene la poesia ? - Mostra me le tettine e ti faccio una poesia, tutta per te. La jeune fille s'échappe sur une petite île de sable, et l'invite à le rejoindre. Dai, vieni sulla isola ! Il la rejoint, faible, titubant encore. Elle lui échappe encore, par jeu, puis le laisse la rejoindre enfin. Là, parmi le sable clair, le ciel bleu, la mer, les mouettes et cette jeune fille, le désir - la vie - le reprend. La poésie afflue, jaillit de ses lèvres et la jeune fille se dénude devant lui.
PS : Note inspirée du film Conte de la folie ordinaire de Marco Ferreri, avec Ben Gazzara et Ornella Muti. Les dialogues en sont également tirés. Ils s'entendent d'eux-même, je pense, à l'exception de ces quelques mots : forse qui signifie peut-être en italien, mai jamais, avere fretta être pressé et insieme ensemble. Au besoin, on pourra utiliser cet outil de traduction.
00:05 Publié dans 5 Critiques | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note


Commentaires
Je n'ai jamais pu voir ce film, mais je ne désespère pas. J'aime son titre.
Ecrit par : Fleur Dorcas | mardi, 01 mars 2005
Ce film appartient à la rare catégorie des films qui m'ont remué ces dernières années. Si vous habitez Paris ou sa région et que vous savez l'italien, vous pouvez l'emprunter gratuitement à l'institut culturel italien (VIIe arrondissement).
Ecrit par : Don Diego | mardi, 01 mars 2005
Merci pour le renseignement... Malheureusement je ne parle pas italien, même si j'ai acheté il y a quatre ans "parler italien en deux semaines" !!
Ecrit par : Fleur Dorcas | mardi, 01 mars 2005
Belle note Dondiego, qui donne envie. N'y a t'il pas un peu de Bukowski dans ce Charles? Bien à vous.
Ecrit par : OrnithOrynque | mercredi, 02 mars 2005
Merci. Oui, ce film est tiré d'un recueil de Charles Bukowski
Ecrit par : Don Diego | mercredi, 02 mars 2005
Ce qui est bizarre c'est que c'est après que la pinup se soit percée les joues avec une epingle géante que vous dîtes que commence une relation bizarre...
Ecrit par : koan | dimanche, 30 avril 2006
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