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mercredi, 15 juin 2005

Avant-scène : la naissance d’une idée, l’importance historique d’un site, la création du potager médiéval (2)

L’histoire millénaire d’un site

Le jardin potager médiéval de l’université de Pérouse se dresse sur un coteau qui fut la première propriété du monastère bénédictin de S. Pietro, à l’endroit même où s’élevait l’ancienne cathédrale. Ainsi ce jardin porte-t-il en lui la forme de jardin monastique. Parce qu’il est annexé à une ancienne abbaye bénédictine qui remonte à l'an 965 et qu’il contient des éléments historiques et architecturaux tels qu’une ancienne voie étrusco-romaine, une porte urbaine datant de 1200, des cloîtres, des vestiges d'œuvres murales et artisanales des bénédictins, c’est certainement un terrain d’intérêt historique.

En l’an 965, l’évêque de Pérouse dut transférer la vieille cathédrale à une petite communauté de moine guidée par Pietro Vincioli, lequel y érigea un monastère et l’église consacrée à Saint Pierre. L’appellation originale du site est incertaine. Il apparaît dans une bulle de 1022 de Benedetto VII sous le nom de M. Complorano (Comploiano) alors qu’un document de Corrado II situe le monastère « prope civitate Perusina in Calvario monte ». En 1045, Grégoire VI affirmait que le monastère fut fondé « in loco qui vocatur Caprarius ».
Ainsi, la première portion de terrain patrimoniale du monastère, et qui fut étroitement liée à son origine comme à son histoire, fut le mont Caprario. Le nom est fortement révélateur de l’usage que reçut l'endroit : alors, il se situait nettement hors la ville, - à près d’un kilomètre de la porte Marzia, c’est à dire de l’enceinte étrusque. C’était probablement une aire passablement dégradée, sans arbres, peu productive, aride, plus propre au pâturage, - comme l’indique le surnom « caparario », - qu’à d’autres usages agricoles. S’il retrouva à l’époque étrusco-romaine une certaine importance, - comme du reste en témoignent des vestiges récemment découverts sous l’église, - à l’époque de la fondation du monastère, il devait être rien de moins qu’abandonné. Mais depuis, mille ans d’histoire l’ont transformé. L’abbaye occupe aujourd’hui une grande partie du coteau, la ville s’est développée et s’est tout incorporé, le mont Caparario est devenu un beau parc arboré (l’actuel Jardin du Fronton) et le réseau des routes a complètement changé.

Le mont Caprario, à des périodes de la vie religieuse, civile et sociale, continue de remplir un rôle important pour la ville de Pérouse, bien que son répertoire ne se borne à ses étroites limites. De fait, des élèves du monde entier viennent ici pour s’approprier cette culture agronomique que les bénédictins pratiquèrent et propagèrent quelque temps avant que les facultés de sciences agricoles ne deviennent une réalité académique. De nombreux citoyens, italiens comme étrangers, ont forgé ici le civisme et le professionnalisme qui leur ont par la suite permis d’occuper partout dans le monde des postes de grand prestige et responsabilités.
Ici viennent aussi en masse des touristes attirés par la millénaire histoire de ce site, la grandeur des structures, les richesses artistiques, l’élégance des cloîtres, la délicate façon des portails, l’ampleur des aperçus panoramiques ou la salubrité du climat.
Viennent ici les Pérugins pour renouveler un acte d’amour et de foi à l’égard du prince des apôtres comme d’un saint local : S. Pietro Vincioli ; pour resserrer ce lien d’affection avec des moines qui, sauf à de rares exceptions, les en ont toujours récompensés par un commerce empreint de charité et d’hospitalité.
Viennent ici les savants pour découvrir dans les pierres, les œuvres et les archives le charme subtil de l’art et de l’histoire, - maîtresse de vie, - et louanger le fruit de l’esprit humain qui a su ici joindre les sommets sublimes du mysticisme, de la théologie et de l’art, non moins que ceux de la science appliquée.
Ici trouve son siège un centre sismologique fameux et doté qui, dans la naturelle continuité de l’esprit bénédictin de son fondateur, enregistre les moindres mouvements de la croûte terrestre.

L’idée de parler du Moyen-Âge par le truchement d’un potager exprès structuré où les plantes sauraient témoigner de la culture de l'époque s’est associée à la fois à mon intérêt pour l’histoire médiévale et à ma passion pour l’architecture romane et cistercienne. Il en résulta la réaffirmation du langage symbolique que l’art médiéval (peinture, sculpture ou architecture) parla d’abondance en employant le vocabulaire de la nature.

Commentaires

comme on est formatés : en lisant histoire millénaire d'un site, j'ai pensé " site web " , pauvre de moi ! :)

merci pour ce texte fort interessant.

Ecrit par : krysalia | samedi, 18 juin 2005

Bonjour Krysalia et merci de votre commentaire. J'espère que la suite de cette traduction, à laquelle je travaille à pas de tortue, vous intéressera de même.

Ecrit par : Dondiego | samedi, 18 juin 2005

"que .... parla de..."
la structure me gêne : italianisme ?

" que ..........parlât de............OU......."
ou le sens est-il du "dit en terme de ....

Ecrit par : annealb | samedi, 05 novembre 2005

" Le jardin, c'est l'interraction de tous les sens en une harmonie tactile" Marschall Mc Luhan.

Ecrit par : koan | dimanche, 30 avril 2006

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