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dimanche, 20 mars 2005

Charles Baudelaire, projet de préface aux Fleurs du mal

"Comment la poésie touche à la musique par une prosodie dont les racines plongent plus avant dans l'âme humaine que ne l'indique aucune théorie classique ;
que la poésie française possède une prosodie mystérieuse et méconnue, comme les langues latines et anglaises ;
pourquoi tout poète qui ne sait pas au juste combien chaque mot comporte de rimes est incapable d'exprimer une idée quelconque ;
Que la phrase poétique peut imiter (et par là elle touche à l'art musical et à la science mathématique) la ligne horizontale, la ligne droite ascendante, la ligne droite descendante ; qu'elle peut monter à pic vers le ciel, sans essoufflement, ou descendre perpendiculairement vers l'enfer avec la vélocité de toute pesanteur ; qu'elle peut suivre la spirale, décrire la parabole, ou le zigzag figurant une série d'angles superposés ;
Que la poésie se rattache aux arts de la peinture, de la cuisine et du cosmétique par la possibilité d'exprimer toute sensation de suavité ou d'amertume, de béatitude ou d'horreur par l'accouplement de tel substantif avec tel adjectif, analogue ou contraire […]
."


Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, Librairie générale française, 1973, pages 294-295.

Commentaires

votre blog est très intéressant

Ecrit par : laura | mardi, 18 juillet 2006

Merci Laura. Je n'ai fait que passer sur le votre (je tâcherai de m'y promener plus longuement) mais j'en goûte déjà l'ecclectisme, des points de rencontres (Ambrogio Lorenzetti, Baudelaire...) et d'intrigantes découvertes.

Ecrit par : Don Diego | mardi, 18 juillet 2006

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